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Sur la toile

Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 13:37

 

Shame

 

Le teaser fait la promotion de 'Shame' en le présentant comme une oeuvre hypnotisante et je trouve que l'adjectif est plutôt bien trouvé pour ce film qui nous plonge dans les plus sombres méandres de la vie de Brandon, un trentenaire new-yorkais totalement dépendant au sexe. Son quotidien est rythmé par la recherche de partenaires ou tout du moins par l'assouvissement de ses pulsions qu'il peut, on le comprend vite, difficilement réfréner. Il faut dire, à sa décharge, que le pauvre a un physique avantageux (dont on ne loupe rien) et toutes les femmes succombent.

 

On assiste à sa descente aux enfers. Son addiction le rend égoïste. Il est incapable de créer des relations normales avec les femmes, comme avec sa soeur aussi paumée que lui. Les coins sombres de New York, le blanc froid des appartements, la musique classique, rock, jazz pleine de lyrisme  ... Tout concourt à créer une atmosphère de spleen qui met en valeur le mal-être, la misère affective de cet homme qui a perdu une part de sa liberté. Dans le film, le sexe omniprésent est plutôt frontal et explicite. Nous sommes perpétuellement dans l'intimité du personnage avec impudeur. J'ai pourtant trouvé que c'était fait de manière esthétique et sans vulgarité malgré la crudité du propos et des images. Un film édifiant et fascinant. CanardCanardCanard8/10

 

Mon moment préféré : le long plan séquence du tête-à-tête au restaurant avec sa collègue de bureau. Le gêne de la conversation qui a du mal à s'installer ...

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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 08:00

 

Carnage 

 

Assister à ce "Carnage" a été un vrai plaisir ! Suite à une altercation violente entre deux gamins, leurs parents se réunissent chez l'un des deux couples afin d'arrondir les angles et régler les problèmes d'assurance. Les règles de la vie en société incluant l'auto-critique, la retenue et la politesse laisse assez rapidement place à un quasi pugilat en huis clos. Unités de temps, de lieu et d'action, donc, pour un scénario adapté d'une pièce de Yasmina Reza (qui a co-écrit le scénario avec Polanski).

 

Les points forts du film sont bien sûr les dialogues, fins et incisifs, et la distribution d'acteurs. Les quatre vedettes à l'honneur sont parfaites : Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz et John C Reilly. Aucun d'eux n'est supérieur ou inférieur aux autres mais j'avoue avoir été sensible au couple Winslet-Waltz dont j'aime beaucoup le jeu. Le film est court (1h20) mais c'est suffisant car le film a un bon rythme et le débit de paroles est rapide. Je suis resté pendu aux lèvres des personnages en prenant un grand plaisir à les voir s'envoyer des vacheries au visage. La réalisation est simple, en rien innovante, mais tellement efficace si on aime le genre et qu'on est pas "claustro". CanardCanardCanard8/10

 

Mon moment préféré : le moment où la scission entre couples bascule vers une rivalité hommes-femmes

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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 16:00

 

Les adoptés

 

Je ne m'attendais vraiment pas à avoir un tel coup de coeur pour le film de Mélanie Laurent. Elle est la jeune surdouée du moment et cela en énerve certains, mais c'est leur problème. Son premier film est, en ce qui me concerne, un coup de maître. 'Les adoptés' traite d'un sujet surexploité du cinéma actuel, celui de l'accident ou de la maladie qui sépare les êtres. En l'occurrence, il arrive malheur à Marine (Marie Denarnaud), une jeune femme qui va laisser derrière elle un petit ami fou amoureux (Denis Ménochet), une soeur fusionnelle (Mélanie Laurent), une mère attentive (Clémentine Célarié), un neveu qui l'adore (Théodore Maquet-Foucher) et une collègue au mauvais caractère (Audrey Lamy).

 

Ce qui fait toute la différence dans 'Les adoptés', c'est la mise en scène inventive, les bonnes trouvailles visuelles, les dialogues à la fois banals et originaux qui font que ce film est très différent des autres. J'ai vécu et savouré chaque scène et chaque plan comme une expérience de bon goût au service des acteurs et de l'histoire. Il y a des moments durs, des grands sourires, de beaux moments de charme et de naïveté. C'est d'autant plus méritoire qu'il s'agit d'un premier film. Le casting est idéal et ça m'a fait plaisir de voir pour la première fois Denis Ménochet dans un quasi premier rôle.Super canard 9/10

 

Mon moment préféré : les instants charmants entre Lisa (M.Laurent) et son petit garçon

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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 12:46

 

En allant voir 'Les immortels' en 3D avec Emmanuel, je ne savais pas que le réalisateur était indien. Quand je l'ai su après coup, cela ne m'a pas étonné le moins du monde car 'Les immortels' est un film très "bollywoodien". Des femmes au corps de déesse et des hommes musclés sont sublimés à l'extrême dans des costumes scintillants et des décors volontairement artificiels et fantasmagoriques. Je me suis cru dans un Ben Hur, ambiance studio des années soixante. Ce kitsch totalement assumé (je l'espère) est l'apanage de ce péplum mythologique spectaculaire, dans lequel la mythologie grecque est complètement malmenée dans un scénario totalement inédit.

 

Thésée (Henry Cavill), arraché de sa vie pépère malgré sa formation au combat, à son insu, par Zeus (Luke Evans), part se battre pour sauver le peuple grec contre Hypérion, le roi de Crète  (Mickey Rourke). Il rencontre au passage Phèdre, une oracle vierge (Freida Pinto) qui ne va pas le rester longtemps (!). Ca se castagne un max, surtout à la fin pour la grande bataille (il y a toujours une grande bataille à la fin dans ce genre cinématographique). Le film est assez long et dense. J'en suis sorti assez épuisé et, il faut dire, aussi plutôt content du divertissement, tout en étant totalement conscient du goût assez moyen de l'oeuvre ... 6/10 CanardCanard

 

Mon moment préféré : quand les Dieux de l'Olympe (Zeus, Athéna, Poséidon, Apollon) apparaissent, tout d'or parés. C'est bô !!  

 Les immortels

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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 11:00

 

Ce film est une très bonne surprise en ce qui me concerne. Je ne l'aurais très probablement pas vu sans le festival de d'automne² et cela aurait été dommage car j'ai passé un joli moment inattendu de détente et de légèreté. Pourtant comme prévu, le film n'a rien d'exceptionnel sur la forme. Il est du genre à être apprécié à la télévision autant qu'au cinéma, même si il y a une belle photographie et des plans intéressants dans les appartements où on été filmées ces saynètes, sans trop de rapport les unes avec les autres à part qu'elles illustrent chacune une "façon" d'aimer.

 

La bonne surprise vient du fait que ces petites histoires sont vraiment drôles et décalées. Des situations incongrues en amour sont présentées par des personnages pleins de candeurs qui semblent tomber des nues. Les acteurs et actrices (Cluzet, Bel, Godrèche, J.Depardieu, Stocker, Ulliel, Navarre, Ascaride ...) de ce  film chorale font très bien leur boulot en mettant en valeur les dialogues spirituels de ce film très charmant. Je ne pense pas qu'il ait une autre prétention que celle d'être charmant et drôle. L'analyse sociologique sous-jacente par petites touches de couleurs pastel n'est pas spécialement crédible, même si on sait très bien, sous peine d'être naïf, que tout existe et a existé en amour. 7/10Canard Canard

 

Mon moment préféré : les tête-à têtes Bel-Cluzet

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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 12:30

 

Tom, un romancier américain, arrive à Paris pour revoir sa fille de six ans qui lui a été enlevée par son ex-femme et la justice. Dépouillé de ses bagages, il échoue dans un hôtel miteux de la périphérie ...

 

Il faut vraiment que j'arrête d'aller voir les adaptations cinématographiques des bouquins que j'ai lus. Le roman du même nom de Douglas Kennedy est parmi ceux que j'ai le moins aimé de cet écrivain américain. Mais Kennedy a le mérite d'avoir créé un personnage et une histoire plus complexe que ce qui ressort du scénario édulcoré qui relève de l'adaptation libre. Dans le film, l'histoire est en partie modifiée, une foule de détails ne sont pas expliqués, ce qui fait que je me suis vraiment demandé comment un spectateur lambda pouvait percevoir cette fin assez bizarroïde. Le problème est bien sûr que je ne suis pas objectif sur ce coup-là.

 

Pourtant, sur la forme, le film est très bien. Les images et le cadrage sont réussis, même si les images d'insectes sensés créer une atmosphère oppressante à ce qui est finalement un thriller psychologique, étaient à mon avis de trop. Et puis surtout, il y a l'excellent et omniprésent Ethan Hawke qui porte le film en plus de porter toute la misère du monde sur ses épaules de père mis à l'écart. En face de lui, Kristin Scott Thomas est malheureusement peu présente à l'image. C'est dommage. 5/10Canard

 

Mon moment préféré : le personnage de Tom, ses lunettes, son accent ...

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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 16:31

 Toutes nos envies

 

Je crois, sans me tromper, que Philippe Lioret est mon réalisateur français actuel préféré. Je sors bouleversé de chacun de ses films. Il est pour moi un digne descendant de Claude Sautet, le roi du cinéma intimiste comme je l'aime. Dans 'Toutes nos envies', Claire apprend qu'elle est atteinte d'un cancer incurable. Plutôt que de tenter de ralentir la maladie en se soignant, elle décide de se battre pour la maman de la petite copine de sa fille qui est en procédure de surendettement. Elle rencontre Stéphane (Vincent Lindon), juge comme elle, qui va l'aider ...

 

Comme d'habitude, le réalisateur nous livre un film intelligent, tout en finesse et en justesse. La mise en scène est sobre et sans pathos, ce qui ne m'a pas empêché d'être énormément touché par cette histoire poignante, interprétée parfaitement par Marie Gillain, Vincent Lindon et Yannick Renier, entre autres. Au drame personnel de Claire, à laquelle on s'attache dès la première seconde, est intelligemment et habilement combiné une satire de notre société de consommation et des abus de la part de sociétés de crédit vis à vis des gens sans moyens. J'ai beau chercher, je ne vois aucun défaut à ce film. 8/10

 

CanardCanardCanardMon moment préféré : la scène finale, tout en pudeur et émotion

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