Camille, lycéenne de 16 ans à Lorient, tombe enceinte. Après un moment de désarroi, ses copines et elle vont échafauder un plan pour échapper à leur ennui et tenter d'échapper au destin de
leurs parents qu'elles trouvent pathétique : tomber toutes enceintes et élever leurs enfants ensemble sans l'aide de personne. S'ensuit un effet boule de neige dans l'ensemble du lycée. Voilà
l'idée de départ séduisante de '17 filles', surtout quand on sait que le scénario a été inspiré par une histoire similaire survenue aux Etats-Unis en 2008.
Loin d'être désagréable non plus, le film ne m'a pas emballé plus que cela. La première raison, il me semble, est que le processus d'identification est impossible. Comment avoir de l'empathie
pour ces jeunes filles immatures et à ce point à côté de la plaque pour penser que leur vie va trouver un sens en donnant la vie si jeune ? Pourtant le film a cela d'intéressant qu'il
illustre parfaitement les élans de la jeunesse et aussi l'ennui que l'on peut ressentir dans une petite ville où, comme les ados l'expriment elles-mêmes, pour aller au cinéma il faut prendre
le bus jusqu'à la zone industrielle. Il s'agit d'un premier film et je l'ai trouvé plutôt bien ficelé. L'interprétation m'a posé plus de problèmes. Aucun des acteurs ne crève vraiment
l'écran, à commencer par les adolescentes et même Louise Grinberg qui joue Camille, le personnage central de l'histoire. 5/10
Mon moment préféré : lorsque l'une d'elles tarife les services reproducteurs d'un de ses camarades
Je n'aurais bien sûr pas été voir ce spectacle s'il n'avait pas été créé et joué par Vincent Delerm, chanteur adoré ou honni de la scène française de ces dix dernières années. Les huit ou neuf
chansons originales, le thème largement inspirant pour lui du temps passé et perdu à jamais, et l'assurance d'une mise en scène respectant l'esprit et l'humour de l'artiste, font
accourir les aficionados, dont moi.
Il n'y a pas d'histoire à proprement parler, mais une série de tableaux essentiellement visuels (films projetés sur un drap blanc, ampoules, accessoires mobiles) et auditifs
(chansons, musiques anciennes, bandes son) où les dialogues sont assez absents. "Memory" comme le jeu agréablement suranné auquel on joue en famille sur une grande table, loin des jeux
vidéos d'aujourd'hui ... Comme dans ses chansons, Delerm se sert des souvenirs minuscules de tout un chacun et les siens en premier lieu pour illustrer le temps qui passe, "la façon dont les
modes se démodent et les amours disparaissent. Sur ce que nous attendons d'une vie". Sur ce qui permet de ne pas se retrouver un soir "blanchi comme un cheval fourbu et glacé dans un lit de
hasard" ...
Il y a des idées sympas dans un théatre parfaitement adapté à la mise en scène. Les Bouffes du Nord est une vieille salle assez surprenante très haute de plafond avec un je-ne-sais-quoi de
cirque ou d'arène romaine. Delerm se met par exemple à faire du mur avec sa raquette de tennis sur la paroi du fond pour évoquer le talent de Stefan Edberg, qu'il admirait enfant. J'ai
été perturbé par la quasi absence de monologues, par le manque de propos verbal plus consistant sur le fond.
j'ai donc trouvé le spectacle charmant et assez drôle, surtout qu'il était entrecâlé par les titres inédits de Vincent Delerm. Mais je dois bien avouer que cette
série d'impressions m'a laissé un petit goût d'inachevé. Entre le concert et la pièce de théatre, il y a le spectacle musical auquel je n'étais pas forcémement préparé.
Mon moment préféré : lui en clown triste, écoutant la version italienne de 'Avec le temps'
Le teaser fait la promotion de 'Shame' en le présentant comme une oeuvre hypnotisante et je trouve que l'adjectif est plutôt bien trouvé pour ce film qui nous plonge dans les plus sombres
méandres de la vie de Brandon, un trentenaire new-yorkais totalement dépendant au sexe. Son quotidien est rythmé par la recherche de partenaires ou tout du moins par l'assouvissement de ses
pulsions qu'il peut, on le comprend vite, difficilement réfréner. Il faut dire, à sa décharge, que le pauvre a un physique avantageux (dont on ne loupe rien) et toutes les femmes
succombent.
On assiste à sa descente aux enfers. Son addiction le rend égoïste. Il est incapable de créer des relations normales avec les femmes, comme avec sa soeur aussi paumée que lui. Les coins
sombres de New York, le blanc froid des appartements, la musique classique, rock, jazz pleine de lyrisme ... Tout concourt à créer une atmosphère de spleen qui met en valeur le
mal-être, la misère affective de cet homme qui a perdu une part de sa liberté. Dans le film, le sexe omniprésent est plutôt frontal et explicite. Nous sommes perpétuellement dans
l'intimité du personnage avec impudeur. J'ai pourtant trouvé que c'était fait de manière esthétique et sans vulgarité malgré la crudité du propos et des images. Un film édifiant et
fascinant. 8/10
Mon moment préféré : le long plan séquence du tête-à-tête au restaurant avec sa collègue de bureau. Le gêne de la conversation qui a du mal à
s'installer ...
Assister à ce "Carnage" a été un vrai plaisir ! Suite à une altercation violente entre deux gamins, leurs parents se réunissent chez l'un des deux couples afin d'arrondir les
angles et régler les problèmes d'assurance. Les règles de la vie en société incluant l'auto-critique, la retenue et la politesse laisse assez rapidement place à un quasi pugilat en
huis clos. Unités de temps, de lieu et d'action, donc, pour un scénario adapté d'une pièce de Yasmina Reza (qui a co-écrit le scénario avec Polanski).
Les points forts du film sont bien sûr les dialogues, fins et incisifs, et la distribution d'acteurs. Les quatre vedettes à l'honneur sont parfaites : Kate Winslet, Jodie Foster, Christoph Waltz
et John C Reilly. Aucun d'eux n'est supérieur ou inférieur aux autres mais j'avoue avoir été sensible au couple Winslet-Waltz dont j'aime beaucoup le jeu. Le film est court (1h20) mais c'est
suffisant car le film a un bon rythme et le débit de paroles est rapide. Je suis resté pendu aux lèvres des personnages en prenant un grand plaisir à les voir s'envoyer des vacheries au visage.
La réalisation est simple, en rien innovante, mais tellement efficace si on aime le genre et qu'on est pas "claustro". 8/10
Mon moment préféré : le moment où la scission entre couples bascule vers une rivalité hommes-femmes
Cancans ...