Samedi 8 octobre 2011
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08:00
Christopher Rice, fils de la romancière Anne Rice (célèbre pour son "Entretien avec un vampire"), est un auteur américain à succès dans son pays, dont les oeuvres n'ont jamais été traduites
en français. Ayant réussi à me procurer son premier roman sorti en 2000, c'était l'occasion de lire à nouveau en langue anglaise.
Quatre amis d'enfance qui s'éloignent les uns des autres en grandissant, rien de plus commun. Les caractères se profilent, les différences apparaissent. Mais pour ces jeunes gens de la
Nouvelle-Orléans, les inimitiés et même une haine qui se cristallise autour de l'homosexualité de l'un d'eux, apparaissent jusqu'à ce qu'un drame survienne ... 'A density of souls' est un
roman à suspense, un thriller qui s'articule autour de ces quatres personnages et de leur famille. Il ne manque pas de piquant et de rebondissements (attentat, ouragan) pour fixer
l'attention du lecteur. Même si c'était en anglais et que donc je n'ai pas forcément compris toute la subtilité et l'intégralité du langage, j'ai trouvé cela bien écrit et prenant.
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Jeudi 1 septembre 2011
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08:00
En panne de bouquin au bord de la mer, j'ai choisi 'Le chagrin et la grâce' en librairie car j'ai été séduit par son beau titre (rien à voir avec le titre original 'The hour I first
believed') et par le thème de ce roman américain. Celui de la chronique personnelle d'un homme, Caelum, dont la famille a un passé plein de secrets, et dont la femme va se retrouver mêlée à
la tragédie de la fusillade du lycée de Columbine en 1999.
Le destin de Caelum va s'emballer par une réaction en chaîne de découvertes et de malheurs.... Beaucoup de soucis pour un seul homme, une vraie descente aux enfers un peu à l'image d'un roman de
Douglas Kennedy, en plus complexe, documenté, riche en péripéties et tout aussi intense en émotions. Le passage sur Columbine est passionnant et les flashbacks dans l'enfance du héros et
même jusqu'au 19ème siècle (!) ajoute une vraie épaisseur au roman. C'est plutôt un pavé, mais ça se lit bien. Le héros n'est pas, je trouve, particulièrement sympathique à la
base mais on est pris d'une immense empathie pour lui au fur à mesure de la lecture. On le laisse finalement partir à la fin, mais un peu avec regret. 
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Mardi 16 août 2011
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08:00
Ce roman suédois (comme le nom de l'auteur ne l'indique pas) est un roman facile à lire sur les relations éternellement ressassées entre hommes et femmes. Désirée est l'archétype de la jeune
femme urbaine et cultivée. Voisin de la tombe de son mari parti trop tôt, il y a Benny, un agriculteur aux priorités plus immédiates. Eux que tout oppose vont se regarder en chiens de
faïence avant de tomber dans les bras l'un de l'autre et de vivre une passion aux bases sapées dès l'origine. Voilà, dans le fonds, il n'y a rien de plus original que ça dans ce roman qui plait à
beaucoup de monde.
Un peu déçu sur le fond donc, mais ce n'est pas pour autant que j'ai réchigné à bouquiner cette littérature à l'écriture simple et spirituelle. Ca se lit tout seul et l'analyse psychologique des
deux héros est bien sentie. On la capte parfaitement bien du fait de l'alternance des points de vue. En effet, à chaque chapitre, leur histoire est racontée à la première
personne, soit par l'un, soit par l'autre. Ainsi, on se rend bien compte (et là on est épargné par aucun cliché) que chacun voit midi à sa porte, qu'il réagit selon son éducation, ses goûts, son
style de vie. Peut-on supporter l'autre longtemps quand il est si différent ? J'ai trouvé la fin bizarre et moyenne. Une lecture sympathique et parfaite pour l'été. 6/10
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Mardi 26 juillet 2011
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08:00
Ce mois-ci, j'ai terminé la lecture de la biographie de Georges-Eugène Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, soit la totalité du règne de Napoléon III à un an près. C'est peu
dire sur la confiance qu'avait mis l'empereur des Français en cet administrateur à la main de fer, chargé de mener à bien la transformation de Paris qu'il avait en tête. Celui qui
devint par la suite baron grâce aux services rendus à la France, fit d'abord ses preuves comme sous-préfet, puis préfet, notamment en Gironde, avant d'être appelé au poste qui fit sa
renommée. Cette première partie du livre n'est pas la plus intéressante car le biographe détaille les passages d'Haussmann en Haute-Loire, dans le Var, dans l'Yonne ... De conviction
bonapartiste, il va petit à petit monter en puissance au fur et à mesure de celle de Napoléon III.
La partie du livre qui m'a le plus passionné est bien sûr celle concernant les grands travaux parisiens, menés en trois vagues successives. En schématisant, il y eut tout d'abord, le
percement de la grande croisée qui structure l'espace de Paris, deux axes est-ouest de part et d'autre de la Seine et un axe nord-sud. Ensuite, à l'intérieur du Paris de l'époque, c'est à
dire dans l'enceinte des Fermiers Généraux, de larges boulevards sont venus désservir les grandes gares et les différents quartiers du Paris de l'époque. Lorsque Paris annexa
en 1860 le territoire des communes limitrophes jusqu'aux fortifications (On passa de 12 à 20 arrondissements), le maillage fut élargi à ce grand Paris. Moi qui connait pas trop mal la
capitale, j'ai juste trouvé passionnant de suivre l'évolution de ces travaux, leurs montages financiers, les luttes politiques en jeu, mais aussi tout simplement l'évolution du Second
Empire ... Même si la plupart des monuments préexistaient, nos boulevards, nos grandes places et nos parcs sont apparus à cette époque en lieu et place de quartiers souvent peu aérés et
surpeuplés, où la misère et le manque d'hygiène régnaient. L'adduction d'eau et le système des égouts de
Paris ont été également énormément développés à cette époque. Des quartiers entiers sortirent de terre (Opéra, Etoile ...). Beaucoup de gens furent expropriés, l'équilibre social et
démographique grandement modifié. C'est à cette époque que s'accentua le contraste entre l'ouest bourgeois et l'est ouvrier. Pour l'anecdote, Napoléon III mis le bois de Vincennes en chantier
pour donner aux quartiers populaires leur propre bois de Boulogne.
Ces grands travaux détruisirent une partie du Paris issu de l'époque médiévale et ont dont leurs détracteurs. Mais, force est de constater que le Paris actuel doit beaucoup à la
ténacité du préfet Haussmann et au soutien indéfectible de Napoléon III. Un Paris assez monumental, avec ses façades dites "haussmanniennes" et ses grandes perspectives, cohabite
dorénavant avec les ruelles du vieux Paris.

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Vendredi 6 mai 2011
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09:59
Il y a de nombreuses années maintenant (autrement dit, avant que je ne tienne un blog), j'avais lu 'Magellan' de Stefan Zweig. J'avais trouvé cette biographie très intéressante et bien écrite
mais je me souviens de mon impression de l'époque, celle de ne pas avoir vraiment eu le loisir de découvrir réellement la littérature de l'écrivain autrichien. J'ai donc choisi un
roman comme deuxième choix et 'La confusion des sentiments' car son titre me plaisait bien sans avoir du tout conscience des thèmes du livre : La fascination à un point perturbant d'un étudiant
pour son professeur et l'homosexualité (platonique). Je ne pensais pas qu'un livre paru en 1927 ait pu aborder ce sujet audacieux.
Dans les toutes premières pages, j'ai eu un peu peur que le récit tourne aux réflexions philosophiques d'un vieil homme sur sa jeunesse initiatique, bref que ce soit trop intellectuel pour
que je prenne juste du plaisir à le lire. Et en fait, cette impression s'en est allée au bout de quelques pages car j'ai été happé par le récit dès la rencontre du jeune
personnage avec son professeur. Le talent que j'ai trouvé à Stefan Zweig est sa capacité à emporter le lecteur dans le tourbillon des sentiments de toutes sortes du
narrateur, l'admiration et l'angoisse en tête, avec l'impression de vivre tout cela de l'intérieur. Et bien sûr avec le plaisir de lire une excellente plume ...

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Dimanche 10 avril 2011
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10:16
C'était le dernier roman de Douglas Kennedy que je n'avais pas encore lu. Comme d'habitude, c'est très sympa à lire. Comme d'habitude, il s'agit de la descente aux enfers du personnage principal
avant un retour à une certaine normalité. Ici, Jane subit les coups du destin que lui font subir sa mère, son père, ses amants, sa fille ... Pour se reconstruire, tenter de fuir sa
culpabilité et le manque, elle "quitte le monde" en déménageant là où personne ne la connait. En cela, ce roman m'a rappelé 'L'homme qui voulait vivre sa vie'.
Dans ses livres, Douglas Kennedy fait une critique de la société américaine (et ici canadienne). Dans celui-ci, il y a le thème de la culpabilité, et peut-être même celui de la rédemption lorsque
Jane sauve une vie alors que le roman bascule pendant quelques pages passionnantes dans le thriller. Dans 'Quitter le monde', à mon sens, il met aussi l'accent sur la difficulté de
laisser son passé derrière soi. Partout où Jane se trouve, tout le monde découvre son histoire via internet. L'héroïne le prend avec philosophie, moi j'ai trouvé ça insupportable ... Alors
certes, on pourrait reprocher l'éternelle même construction dans les romans de l'écrivain américain, mais force est de constater qu'ils sont toujours efficaces et surtout plus profonds
qu'ils n'en ont l'air derrière leur apparence de bouquins faciles à lire.
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Mardi 8 mars 2011
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09:25
La dynastie des Romanov a régné sur la Russie pendant trois siècles. Dix-huit tsars et tsarines se succédèrent de 1613 jusqu'à la révolution bolchévique de 1917. Jean des Cars nous racontent donc
leur histoire mouvementée, leur grandeur, leurs conquêtes, mais aussi leurs histoires de famille et bien sûr leur chute.
C'est un livre d'histoire vulgarisée agréable et plutôt facile à lire qui permet de balayer 300 ans d'histoire à travers autant de pages, de voir l'histoire impériale dans sa
globalité sans se limiter à un seul tsar, aussi intéressant soit-il. Cela tombait bien car j'avais déjà lu les biographies de Pierre Ier et Catherine II de Henri
Troyat. Et justement, il m'a semblé que l'auteur passait plus rapidement sur les 17ème et 18ème siècles que sur le 19ème et le 20ème (mieux documentés ou goût personnel de l'auteur ?). Tant mieux
car c'est le siècle qui m'a le plus intéressé : l'admiration scandalisée d'Alexandre Ier pour Napoléon, Alexandre III et l'amitié franco-russe etc ... Malgré cela, je me rends compte
que je préfère lire une biographie d'un seul personnage plutôt qu'un livre d'histoire sur une si longue période. On a le temps de mieux saisir la complexité d'un personnage
historique.
Même si je dois admettre l'objectivité globale du récit, la partialité de certaines remarques, ici et là, de l'auteur en faveur de la famille impériale en proie à la masse populaire furieuse
et fanatique, et surtout le satisfecit de la Russie de Vladimir Poutine, qui rend hommage à son passé glorieux, m'ont laissé un petit goût amer ...
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Cancans ...