En allant voir 'Les immortels' en 3D avec Emmanuel, je ne savais pas que le réalisateur était indien. Quand je l'ai su
après coup, cela ne m'a pas étonné le moins du monde car 'Les immortels' est un film très "bollywoodien". Des femmes au corps de déesse et des hommes musclés sont sublimés à l'extrême dans des
costumes scintillants et des décors volontairement artificiels et fantasmagoriques. Je me suis cru dans un Ben Hur, ambiance studio des années soixante. Ce kitsch totalement
assumé (je l'espère) est l'apanage de ce péplum mythologique spectaculaire, dans lequel la mythologie grecque est complètement malmenée dans un scénario totalement inédit.
Thésée (Henry Cavill), arraché de sa vie pépère malgré sa formation au combat, à son insu, par Zeus (Luke Evans), part se battre pour sauver le peuple grec contre Hypérion, le roi de
Crète (Mickey Rourke). Il rencontre au passage Phèdre, une oracle vierge (Freida Pinto) qui ne va pas le rester longtemps (!). Ca se castagne un max, surtout à la fin pour la grande
bataille (il y a toujours une grande bataille à la fin dans ce genre cinématographique). Le film est assez long et dense. J'en suis sorti assez épuisé et, il faut
dire, aussi plutôt content du divertissement, tout en étant totalement conscient du goût assez moyen de l'oeuvre ... 6/10
Mon moment préféré : quand les Dieux de l'Olympe (Zeus, Athéna, Poséidon, Apollon) apparaissent, tout d'or parés. C'est bô !!
Voilà le grand classique de Claude Sautet, sûrement le plus connu, le plus célébré ... Je le découvre sur le tard malgré ses nombreuses diffusions à la télévision.
Comment dire ? Je ne vais pas être original. Comme d'habitude avec Claude Sautet, je n'arrive pas trop à mettre de mots dessus. On est juste séduit, happé par ses histoires simples
pleines de regards et de non-dits qui sonnent tellement justes. Déjà il y a l'aura des acteurs : la beauté et le naturel de Romy Schneider, la justesse théatrale quasi-comique d'Yves Montand
et le charisme détaché de Samy Frey. On les observe évoluer , un peu fasciné, dans cette sorte de ménage à trois entre personnes qui ne savent pas trop ce qu'ils veulent et naviguent donc à vue
entre les écueils de leurs sentiments. Tout cela est bien écrit et fait avec grâce et subtilité. C'est du Claude Sautet, quoi ! 8/10
Mon moment préféré : les scènes de plage, insouciantes, près de la maison en Vendée
Ce film est une très bonne surprise en ce qui me concerne. Je ne l'aurais très probablement pas vu sans le festival de d'automne² et cela aurait été dommage car j'ai passé un joli moment inattendu
de détente et de légèreté. Pourtant comme prévu, le film n'a rien d'exceptionnel sur la forme. Il est du genre à être apprécié à la télévision autant qu'au cinéma, même si il y a une belle
photographie et des plans intéressants dans les appartements où on été filmées ces saynètes, sans trop de rapport les unes avec les autres à part qu'elles illustrent chacune une
"façon" d'aimer.
La bonne surprise vient du fait que ces petites histoires sont vraiment drôles et décalées. Des situations incongrues en amour sont présentées par des personnages pleins de candeurs qui semblent
tomber des nues. Les acteurs et actrices (Cluzet, Bel, Godrèche, J.Depardieu, Stocker, Ulliel, Navarre, Ascaride ...) de ce film chorale font très bien leur boulot en mettant en
valeur les dialogues spirituels de ce film très charmant. Je ne pense pas qu'il ait une autre prétention que celle d'être charmant et drôle. L'analyse sociologique sous-jacente par petites
touches de couleurs pastel n'est pas spécialement crédible, même si on sait très bien, sous peine d'être naïf, que tout existe et a existé en amour. 7/10
Le 11/11/2011, en bonne compagnie, j'ai passé une soirée féérique à la Comédie Française en assistant à une représentation de la pièce de Marivaux 'Le jeu de l'amour et du hasard' dans
la magnifique salle Richelieu (place Colette). J'y avais déjà vu 'La mégère apprivoisée' de Shakespeare dont
j'avais énormément apprécié la mise en scène mais dont le texte, que je découvrais alors, était assez ardu. Ici le texte de Marivaux, en prose de qualité plus accessible, m'a permis d'entrer
complètement dans cette histoire légère et optimiste.
L'histoire est simple et bien trouvée : Une jeune femme, sous l'oeil bienveillant de son père et de son frère, décide de se faire passer pour sa suivante alors que celle-ci jouera le rôle de sa
maîtresse, tout cela pour pouvoir observer à loisir son futur mari qu'elle ne connait pas encore. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que le promis a lui-même échafaudé le même stratagème avec son
valet. L'intrigue se passant dans une famille non conservatrice dans une mise en scène actuelle, j'ai trouvé la pièce moderne et terriblement divertissante. Les acteurs, dans une
telle maison, sont bien sûr impeccables. Un vrai bonheur, à renouveler bientôt, j'espère.
Mon moment préféré : lorsque Lisette se roule par terre de surprise et de dépit quand elle se rend compte qu'elle n'a séduit que le valet.
Tom, un romancier américain, arrive à Paris pour revoir sa fille de six ans qui lui a été enlevée par son ex-femme et la justice. Dépouillé de ses bagages, il échoue dans un hôtel miteux de la
périphérie ...
Il faut vraiment que j'arrête d'aller voir les adaptations cinématographiques des bouquins que j'ai lus. Le roman du même nom de Douglas Kennedy est parmi ceux que j'ai le moins aimé de cet
écrivain américain. Mais Kennedy a le mérite d'avoir créé un personnage et une histoire plus complexe que ce qui ressort du scénario édulcoré qui relève de l'adaptation libre. Dans le film,
l'histoire est en partie modifiée, une foule de détails ne sont pas expliqués, ce qui fait que je me suis vraiment demandé comment un spectateur lambda pouvait percevoir cette fin assez
bizarroïde. Le problème est bien sûr que je ne suis pas objectif sur ce coup-là.
Pourtant, sur la forme, le film est très bien. Les images et le cadrage sont réussis, même si les images d'insectes sensés créer une atmosphère oppressante à ce qui est finalement un thriller
psychologique, étaient à mon avis de trop. Et puis surtout, il y a l'excellent et omniprésent Ethan Hawke qui porte le film en plus de porter toute la misère du monde sur ses
épaules de père mis à l'écart. En face de lui, Kristin Scott Thomas est malheureusement peu présente à l'image. C'est dommage. 5/10
Mon moment préféré : le personnage de Tom, ses lunettes, son accent ...
Cancans ...