Le 11/11/2011, en bonne compagnie, j'ai passé une soirée féérique à la Comédie Française en assistant à une représentation de la pièce de Marivaux 'Le jeu de l'amour et du hasard' dans
la magnifique salle Richelieu (place Colette). J'y avais déjà vu 'La mégère apprivoisée' de Shakespeare dont
j'avais énormément apprécié la mise en scène mais dont le texte, que je découvrais alors, était assez ardu. Ici le texte de Marivaux, en prose de qualité plus accessible, m'a permis d'entrer
complètement dans cette histoire légère et optimiste.
L'histoire est simple et bien trouvée : Une jeune femme, sous l'oeil bienveillant de son père et de son frère, décide de se faire passer pour sa suivante alors que celle-ci jouera le rôle de sa
maîtresse, tout cela pour pouvoir observer à loisir son futur mari qu'elle ne connait pas encore. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que le promis a lui-même échafaudé le même stratagème avec son
valet. L'intrigue se passant dans une famille non conservatrice dans une mise en scène actuelle, j'ai trouvé la pièce moderne et terriblement divertissante. Les acteurs, dans une
telle maison, sont bien sûr impeccables. Un vrai bonheur, à renouveler bientôt, j'espère.
Mon moment préféré : lorsque Lisette se roule par terre de surprise et de dépit quand elle se rend compte qu'elle n'a séduit que le valet.
Tom, un romancier américain, arrive à Paris pour revoir sa fille de six ans qui lui a été enlevée par son ex-femme et la justice. Dépouillé de ses bagages, il échoue dans un hôtel miteux de la
périphérie ...
Il faut vraiment que j'arrête d'aller voir les adaptations cinématographiques des bouquins que j'ai lus. Le roman du même nom de Douglas Kennedy est parmi ceux que j'ai le moins aimé de cet
écrivain américain. Mais Kennedy a le mérite d'avoir créé un personnage et une histoire plus complexe que ce qui ressort du scénario édulcoré qui relève de l'adaptation libre. Dans le film,
l'histoire est en partie modifiée, une foule de détails ne sont pas expliqués, ce qui fait que je me suis vraiment demandé comment un spectateur lambda pouvait percevoir cette fin assez
bizarroïde. Le problème est bien sûr que je ne suis pas objectif sur ce coup-là.
Pourtant, sur la forme, le film est très bien. Les images et le cadrage sont réussis, même si les images d'insectes sensés créer une atmosphère oppressante à ce qui est finalement un thriller
psychologique, étaient à mon avis de trop. Et puis surtout, il y a l'excellent et omniprésent Ethan Hawke qui porte le film en plus de porter toute la misère du monde sur ses
épaules de père mis à l'écart. En face de lui, Kristin Scott Thomas est malheureusement peu présente à l'image. C'est dommage. 5/10
Mon moment préféré : le personnage de Tom, ses lunettes, son accent ...
Je crois, sans me tromper, que Philippe Lioret est mon réalisateur français actuel préféré. Je sors bouleversé de chacun de ses films. Il est pour moi un digne descendant de Claude Sautet, le roi
du cinéma intimiste comme je l'aime. Dans 'Toutes nos envies', Claire apprend qu'elle est atteinte d'un cancer incurable. Plutôt que de tenter de ralentir la maladie en se soignant, elle décide
de se battre pour la maman de la petite copine de sa fille qui est en procédure de surendettement. Elle rencontre Stéphane (Vincent Lindon), juge comme elle, qui va l'aider ...
Comme d'habitude, le réalisateur nous livre un film intelligent, tout en finesse et en justesse. La mise en scène est sobre et sans pathos, ce qui ne m'a pas empêché d'être énormément touché
par cette histoire poignante, interprétée parfaitement par Marie Gillain, Vincent Lindon et Yannick Renier, entre autres. Au drame personnel de Claire, à laquelle on s'attache dès la
première seconde, est intelligemment et habilement combiné une satire de notre société de consommation et des abus de la part de sociétés de crédit vis à vis des gens sans moyens. J'ai beau
chercher, je ne vois aucun défaut à ce film. 8/10
Mon moment préféré : la scène finale, tout en pudeur et émotion
L'autre samedi, nous avons passé un super moment avec les DDM à La Grande Comédie (Paris 9e). J'avais un a priori positif car on m'en avait du bien, et il s'est trouvé totalement justifié. Les
Drôles De Mecs sont une troupe de 5 gars doués et survoltés qui présentent à un rythme rapide des dizaines de tableaux en alliant danse, cascades et humour sur scène. Ils enchaînent et
se déchaînent pendant 1h15 non stop, sur des thèmes divers, principalement le cinéma, les séries télévisées et les grands tubes. Un vrai "zapping frénétique". Ils sont juste impressionnants
de souplesse et de dextérité, sans oublier leurs talents d'acteurs (surtout le leader, celui qui se présente lui-même comme le portugais de la bande).
Pendant tout le spectacle, j'ai eu un énorme sourire sur le visage car c'est à la fois impressionnant et drôle. Le seul reproche qu'on pourrait leur faire est d'utiliser quelques ressorts
comiques assez redondants pendant tout leur spectacle (comme l'ambiguité sexuelle, la fausse chute ou encore le bruit incongru). En attendant, c'est un spectacle qui met la
banane.
Anne Fontaine et Isabelle Huppert sont "bankable" car leur seule présence au générique m'a fait me bouger en salle pour voir une comédie rabachée sur les rapports entre personnes diamétralement
opposées et qui vont forcément tomber dans les bras l'un de l'autre. Et là, c'est difficile de faire mieux (ou pire). Une bourgeoise froide et arrogante, à la tête d'une fondation d'art
contemporain (Isabelle Huppert), voit sa vie envahie par un chômeur quasiment à la rue et aux manières vulgaires (Benoît Poelvoorde). Son mari gentil, soumis et carrément
mou (André Dussollier) va, de son côté, être attiré par une jeune femme adepte des arbres et de la nourriture bio.
Une fois l'information intégrée qu'il s'agit bien d'une comédie où les personnages sont caricaturaux, on peut alors se détendre et regarder avec plaisir ce film
maîtrisé qui a un certain rythme. C'est surtout vrai dans la première partie du film. Ensuite, l'intrigue s'enlise un peu dans une histoire du style "Je t'aime, moi non plus" qui fait qu'on croit
relativement peu à cette attirance peu ordinaire. Et ceci, malgré le fait que le couple vedette a clairement un charme qu'Anne Fontaine exploite à fond. Le tout reste
sympathique. 6/10
Mon moment préféré : le "car wash" du demi-frère en Belgique
Cancans ...