L'autre samedi, nous avons passé un super moment avec les DDM à La Grande Comédie (Paris 9e). J'avais un a priori positif car on m'en avait du bien, et il s'est trouvé totalement justifié. Les
Drôles De Mecs sont une troupe de 5 gars doués et survoltés qui présentent à un rythme rapide des dizaines de tableaux en alliant danse, cascades et humour sur scène. Ils enchaînent et
se déchaînent pendant 1h15 non stop, sur des thèmes divers, principalement le cinéma, les séries télévisées et les grands tubes. Un vrai "zapping frénétique". Ils sont juste impressionnants
de souplesse et de dextérité, sans oublier leurs talents d'acteurs (surtout le leader, celui qui se présente lui-même comme le portugais de la bande).
Pendant tout le spectacle, j'ai eu un énorme sourire sur le visage car c'est à la fois impressionnant et drôle. Le seul reproche qu'on pourrait leur faire est d'utiliser quelques ressorts
comiques assez redondants pendant tout leur spectacle (comme l'ambiguité sexuelle, la fausse chute ou encore le bruit incongru). En attendant, c'est un spectacle qui met la
banane.
Anne Fontaine et Isabelle Huppert sont "bankable" car leur seule présence au générique m'a fait me bouger en salle pour voir une comédie rabachée sur les rapports entre personnes diamétralement
opposées et qui vont forcément tomber dans les bras l'un de l'autre. Et là, c'est difficile de faire mieux (ou pire). Une bourgeoise froide et arrogante, à la tête d'une fondation d'art
contemporain (Isabelle Huppert), voit sa vie envahie par un chômeur quasiment à la rue et aux manières vulgaires (Benoît Poelvoorde). Son mari gentil, soumis et carrément
mou (André Dussollier) va, de son côté, être attiré par une jeune femme adepte des arbres et de la nourriture bio.
Une fois l'information intégrée qu'il s'agit bien d'une comédie où les personnages sont caricaturaux, on peut alors se détendre et regarder avec plaisir ce film
maîtrisé qui a un certain rythme. C'est surtout vrai dans la première partie du film. Ensuite, l'intrigue s'enlise un peu dans une histoire du style "Je t'aime, moi non plus" qui fait qu'on croit
relativement peu à cette attirance peu ordinaire. Et ceci, malgré le fait que le couple vedette a clairement un charme qu'Anne Fontaine exploite à fond. Le tout reste
sympathique. 6/10
Mon moment préféré : le "car wash" du demi-frère en Belgique
Complètement séduit par sa prestation au festival Acoustic du Poiré-sur-Vie en
début d'année, je me suis laissé tenté par le concert que donnait Florent Marchet en ce début de mois de novembre au Casino de Paris. Ce que je ne savais pas (parce que je m'étais mal
renseigné), c'est qu'il s'agissait d'un concert où il était la vedette principale mais pas la seule. Il a bénéficié d'un concert plus long que les autres mais n'a été que le troisième
chanteur de la soirée sur un total de quatre artistes.
L'attente fut donc longue et son concert court et sans rappel. C'est étrange et frustrant quand le show s'arrête brutalement et qu'on est pas au courant que le chanteur doit
laisser sa place à un autre artiste. De sa belle et musicale voix, il a quand même heureusement fait plaisir au public avec sa pop joyeuse et classe :
'Courchevel', 'Benjamin', 'Qui je suis', 'L'idole', 'Narbonne plage', 'La charrette', 'La famille
Kinder' ... Il était tout aussi bien que la première fois, l'effet de surprise en moins pour moi et avec un public parisien moins réceptif que le public vendéen.
Mon moment préféré : c'était super sympa de voir débarquer Gaëtan Roussel pour interpréter 'Des hauts, des bas' (Philippe Djian/Stephan Eicher)
avec Florent, comme ici à Taratata :
Une jeune femme, en déplacement à Macao, entre notamment en contact avec un Japonais et une Ukrainienne. Au retour après une escale à Chicago, elle est prise de fièvre et meurt
brutalement, la bave aux lèvres, chez elle à Minneapolis. Il n'en faut pas plus au patient zéro pour commencer à répandre un nouveau virus hautement contagieux dans le monde entier.
Steven Soderbergh veut nous raconter cliniquement, par le menu, le développement de cette dramatique contagion, et nous décrire sociologiquement les différents types de
comportements chez l'être humain face à cette situation. Le virus n'est pas que celui auquel on croit. Soderbergh nous fait une démonstration de haute volée avec un film de grande qualité, sans
aucun doute. Assez noir et carrément anxiogène, il s'agit d'un portrait réaliste de notre planète. Cela peut arriver en vrai ainsi, ou même en pire ...
Pas forcément habitué à son cinéma, j'ai attendu les retournements de situations propres à la dramaturgie hollywoodienne. Rien de tout ça. En y réfléchissant, ce n'est pas plus
mal mais j'avoue avoir été sur le moment frustré d'avoir un scénario si linéaire avec des grandes vedettes sous-exploitées. Quel luxe de pouvoir aligner Matt Damon, Jude Law, Kate
Winslet, Marion Cotillard, Gwyneth Paltrow et Laurence Fisburne et d'en faire mourir certains au bout de quelques minutes. Un film passionnant à défaut d'être divertissant. 6/10
Mon moment préféré : Les scènes avec Kate Winslet. Que voulez-vous, je l'aime
Philippe Djian est l'un de ces écrivains contemporains français que je connaissais de nom sans savoir ce qu'il avait écrit (j'ai appris plus tard qu'il était l'auteur de '37°2 le
matin'). Un bouquin de poche attrapé au vol dans un magasin de journaux plus tard, et me voilà en train de le découvrir avec 'Incidences'. Est conté l'histoire
d'un professeur de littérature quelque part en Savoie (je crois), un cinquantenaire qui n'hésite pas à sortir avec ses jeunes étudiantes jusqu'à ce qu'une mésaventure avec l'une
d'elle lui en fasse passer le goût.
Rien n'est désagréable dans ce portrait d'un homme particulier à la psychologie rebelle (on s'en rend compte de plus en plus en avançant dans le roman). C'est écrit d'une belle
écriture précise, fluide, mais qui ne cède pas à la facilité. Un roman plutôt noir, mais en même temps au ton curieusement léger. Pourtant, je n'ai pas trouvé l'ensemble excessivement
passionnant.6/10
Mon moment préféré : quand le héros fait état de la pauvreté de la littérature française actuelle
Cancans ...