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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 13:09

 

Sans que Paul n’en sache la raison, son épouse Sarah n’a pas réapparu chez eux depuis plus d’un an. Pour tenter de se reconstruire, il déménage avec ses deux enfants dans son coin de Bretagne natale. Une douleur sourde et lancinante dans le cœur, Il tente de continuer à vivre en prenant chaque jour comme il vient, l’un après l’autre, un pied devant l'autre …

 

‘Des vents contraires’ est un livre sur l’absence, celle qu’on traîne comme un boulet aux pieds, qui handicape, nous interdit d’aller de l’avant, de faire des projets. Un grand spleen, une certaine noirceur traverse ce livre non dépourvu d’espoir pour autant, même si l’atmosphère générale est assez pessimiste. On peut s’atteler à la lecture de ce bouquin si on a le moral ou tout du moins l’humeur confortablement cafardeuse. L’auteur scrute l’âme et raconte les paysages mélancoliques de bord de mer, quitte à en faire à mon goût un peu trop en mettant des descriptions poétiques à chaque coin de chapitre (« … au milieu des eaux turquoise, à gauche des vallons tombaient dans l’eau avec une douceur insensée, les bleus se mêlaient aux verts tendres, aux jaunes mordorés sans anicroche … »).

 

En tout cas, c’est un beau livre bien écrit, même si la ponctuation m’a parfois gêné avec son oubli assumé des virgules (voir passage joint), sur un homme malheureux qui aime viscéralement sa femme et ses enfants. Cela m’a touché.CanardCanard

 

Mon moment préféré :

 

« … Mais ça m’a fait du bien de tout retrouver intact, c’était comme une preuve, quelque chose avait bien eu lieu, je n’avais pas rêvé. La vie d’avant, la vie tranquille, la bonne vie, simple et modeste, petits bonheurs au jour le jour, la fatigue du boulot des enfants du temps qui passe mais c’était tout, faire des puzzles sur le tapis m’allonger près d’eux devant un dessin animé, embrasser Sarah dans le cou l’entendre prendre sa douche, une bière en été des cacahuètes sur la chaise longue, près des hortensias, baiser dormir enlacés lire la tête sur son ventre, la regarder partir au matin et retrouver la maison silencieuse et calme. Lire le journal, boire un verre, fumer des cigarettes. Jeter un œil au ciel. Rêver à la mer. Y aller quelques jours au printemps, quelques autres en été, la douceur d’une vie de sel et de sable. Et puis de temps en temps, quand l’argent voulait bien venir, s’enfuir à Prague, à Barcelone, à Lisbonne ou à Rome, Sarah marchait dans ses ruelles orange et sanguines, Clément lui tenait la main et Manon lui prenait son ventre … » collection Points - page 265

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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 08:00

 

On n'a pas tous les jours l'occasion de vivre un évènement historique de l'intérieur par le biais d'un journal tenu au jour le jour par un parisien inconnu, en rien VIP et donc non partie prenante de façon directe dans les évènements. C'est ce que nous permet de faire ce journal tenu par un bourgeois parisien pendant toute la durée du siège de Paris par les Allemands suite à la chute du régime impérial de Napoléon III entre septembre 1870 et  janvier 1871.

 

A plein d'égards, ce livre est très intéressant. Visiblement bien informé, l'auteur décrit le comportement et la vie quotidienne des parisiens au fur et à mesure de l'épuisement de la nourriture et autres fournitures, leurs réactions aux évènements diplomatiques, militaires et ceux de l'ordre de la propagande. La ville, joyau effervescent de l'époque du Second Empire va s'éteindre petit à petit (manque de gaz) et souffrir physiquement (les arbres des avenues et du bois de Vincennes vont êtres coupés pour le chauffage), sans parler de la hausse de la mortalité. Et ce n'est qu'un début quand on sait que l'insurrection de la Commune de Paris va bientôt suivre (mars-mai 1871), dont Jacques-Henry Paradis, en tant que républicain modéré, redoute l'arrivée.

 

Il est aussi intéressant de lire la description du Paris d'alors, aujourd'hui disparu : ses remparts, sa voie ferrée de ceinture, la vie de ses cafés et théatres, etc ... mais aussi les mouvements de troupes autour des forts et dans les bourgades aux alentours qu'étaient alors par exemple Saint-Denis, Meudon ou Cachan ...

 

Finalement, fin janvier 1871, un armistice est signé. La France capitule mais Paris ne sera pas investi par les troupes allemandes. 7/10 CanardCanard

 

Les impressions passionnantes d'Emmanuel sont ICI

 

Mon moment préféré : "Le manque de viande, de beurre et d'autres comestibles, a réduit un grand nombre de restaurateurs à fermer leur établissement. On assure que le gouvernement prend en ce moment des mesures pour que, dans chaque quartier, un nombre déterminé de restaurants puisse suffire aux besoins de clients célibataires." Editions Texto - le goût de l'histoire - page 217

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 09:08

 

J'ai lu ce petit bouquin très vite, comme happé par les mots de David Servan-Schreiber. Ce médecin français, auteur de 'Guérir' et 'Anticancer', prônait entre autres la lutte contre le cancer par les défenses naturelles du corps et de l'esprit en plus des méthodes conventionnelles de la médecine. Il est décédé en juillet 2011 peu de temps après avoir terminé ce petit livre de confessions.

 

Il revient sur la lutte contre son cancer depuis une vingtaine d'année, la vie qu'il a menée qui souvent fut un terrain favorable à celui-ci, sur la chance qu'il ressentait d'avoir pu laisser son empreinte ici-bas et sur sa manière d'aborder le plus sereinement possible le passage qu'il pressentait vers l'au-delà, tout en positivant un maximum et en profitant du temps présent avec sa famille et ses amis. Il leur dit simplement au revoir et prodigue à tout un chacun ses recommandations. Un livre plus que touchant qui nous rappelle que nous serons, la plupart d'entre nous, confrontés un jour à l'approche de notre propre disparition. Une source d'inspiration pour tenter de la vivre la plus sereinement possible.

CanardCanardCanard  

Mon moment préféré : Ses propos sur l'Expérience de Mort Imminente

 

 

"Au contraire, la perspective de rejoindre l'ensemble des âmes humaines et animales dans un univers baigné de lumière, de connexion et d'amour, a tout pour me ravir. Bien sûr, rien ne prouve que les visions des EMI soient le reflet d'une quelconque "réalité" . Il se pourrait bien qu'elles ne soient rien d'autre que l'oeuvre hallucinée d'une poignée de neurones chahutés par le cocktail chimique du trépas. Mais au point où j'en suis, je préfère imaginer que ma mort ressemblera au fameux tunnel débouchant sur la lumière blanche. Ce serait délicieux d'être accueilli par les vagues lumineuses d'amour, et par toutes les personnes que j'ai tant aimées et qui sont mortes avant moi , mon père, ma grand-mère et ce grand-père que j'adorais."  Editions Robert Laffont - page 131

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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 13:32

 

J'ai écrit un certain nombre de billets sur les romans d'Amélie Nothomb. Je ne les ai pas relus, les billets, mais je suis presque sûr que mes impressions se sont dégradées avec le temps. Je trouve que son dernier roman est particulièrement décevant.

 

Commençons pour une fois par la forme. C'est bien sûr bien écrit et bien construit, mais il y a, je trouve, moins de style et de formules spirituelles que d'habitude et comme ce sont eux qui m'ont fait adorer les premiers Nothomb, je ne m'y retrouve pas. Et puis, il s'agit presque plus d'une nouvelle que d'un roman car je l'ai avalé en une heure. En découle ce que je lui reproche ces dernières années : le manque de consistance des intrigues, qui donnent du coup l'impression d'être bâclées. Comme voulez-vous accrocher le lecteur avec une histoire qui se finit à peine est-elle commencée ? L'écrivain pourrait développer l'intrigue et l'épaisseur des personnages, approfondir le propos. Mais non ... Rien n'est bien sûr foncièrement désagréable dans cette histoire de jeune homme doué qui va être formé magicien par un père adoptif qu'il va s'escrimer à "tuer". C'est juste sous-exploité. Elle a les capacités pour s'atteler à un grand roman. Mais bon, elle ne le fait jamais (par facilité parce que la recette marche ?). C'est son droit le plus strict. Comme le mien de lui mettre un canard à cornes. Canard diable 

 

Mon moment préféré : "Habile, votre déguisement d'Amélie Nothomb, me dit quelqu'un. Je saluai d'un sourire pour qu'il ne reconnaisse pas ma voix".

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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 08:00

 

Philippe Djian est l'un de ces écrivains contemporains français que je connaissais de nom sans savoir ce qu'il avait écrit (j'ai appris plus tard qu'il était l'auteur de '37°2 le matin'). Un bouquin de poche attrapé au vol dans un magasin de journaux plus tard, et me voilà en train de le découvrir avec 'Incidences'. Est conté l'histoire d'un professeur de littérature quelque part en Savoie (je crois), un cinquantenaire qui n'hésite pas à sortir avec ses jeunes étudiantes jusqu'à ce qu'une mésaventure avec l'une d'elle lui en fasse passer le goût.

 

Rien n'est désagréable dans ce portrait d'un homme particulier  à la psychologie rebelle (on s'en rend compte de plus en plus en avançant dans le roman). C'est écrit d'une belle écriture précise, fluide, mais qui ne cède pas à la facilité. Un roman plutôt noir, mais en même temps au ton curieusement léger. Pourtant, je n'ai pas trouvé l'ensemble excessivement passionnant.Canard Canard6/10

 

Mon moment préféré : quand le héros fait état de la pauvreté de la littérature française actuelle

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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 08:00

 

A density of souls 

 

Christopher Rice, fils de la romancière Anne Rice (célèbre pour son "Entretien avec un vampire"), est un auteur américain à succès dans son pays, dont les oeuvres n'ont jamais été traduites en français. Ayant réussi à me procurer son premier roman sorti en 2000, c'était l'occasion de lire à nouveau en langue anglaise.

 

Quatre amis d'enfance qui s'éloignent les uns des autres en grandissant, rien de plus commun. Les caractères se profilent, les différences apparaissent. Mais pour ces jeunes gens de la Nouvelle-Orléans, les inimitiés et même une haine qui se cristallise autour de l'homosexualité de l'un d'eux, apparaissent jusqu'à ce qu'un drame survienne ... 'A density of souls' est un roman à suspense, un thriller qui s'articule autour de ces quatres personnages et de leur famille. Il ne manque pas de piquant et de rebondissements (attentat, ouragan) pour fixer l'attention du lecteur. Même si c'était en anglais et que donc je n'ai pas forcément compris toute la subtilité et l'intégralité du langage, j'ai trouvé cela bien écrit et prenant. Canard Canard

 

 

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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 08:00

 

En panne de bouquin au bord de la mer, j'ai choisi 'Le chagrin et la grâce' en librairie car j'ai été séduit par son beau titre (rien à voir avec le titre original 'The hour I first believed') et par le thème de ce roman américain. Celui de la chronique personnelle d'un homme, Caelum, dont la famille a un passé plein de secrets, et dont la femme va se retrouver mêlée à la tragédie de la fusillade du lycée de Columbine en 1999.

 

Le destin de Caelum va s'emballer par une réaction en chaîne de découvertes et de malheurs.... Beaucoup de soucis pour un seul homme, une vraie descente aux enfers un peu à l'image d'un roman de Douglas Kennedy, en plus complexe, documenté, riche en péripéties et tout aussi intense en émotions. Le passage sur Columbine est passionnant et les flashbacks dans l'enfance du héros et même jusqu'au 19ème siècle (!) ajoute une vraie épaisseur au roman. C'est plutôt un pavé, mais ça se lit bien. Le héros n'est pas, je trouve, particulièrement sympathique à la base mais on est pris d'une immense empathie pour lui au fur à mesure de la lecture. On le laisse finalement partir à la fin, mais un peu avec regret. CanardCanard

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